Vous mangez comme avant, vous n’avez pas pris de poids et pourtant... votre silhouette change :
Votre ventre s’arrondit, votre taille est moins marquée... vous ne pouvez plus vous habiller comme avant.
Pour certaines femmes, ce changement est déroutant, surtout lorsqu’elles n’avaient jamais eu tendance à stocker de graisse abdominale. Et, ce phénomène n’est pas imaginaire.
À la ménopause, la composition corporelle et la répartition des graisses se modifient réellement.
Pourquoi le ventre change-t-il à la ménopause ?
Il faut d’abord distinguer prise de poids et composition corporelle.
Avec l’âge, le poids a tendance à augmenter chez de nombreuses personnes. Mais la transition ménopausique joue un rôle plus spécifique. Elle est associée à une augmentation de la masse grasse, une diminution progressive de la masse maigre et surtout à une redistribution des graisses vers la région abdominale.
Autrement dit, une femme peut prendre peu de poids tout en voyant son tour de taille augmenter considérablement.
La baisse des œstrogènes participe à ce changement.
Avant la ménopause, la graisse féminine est davantage répartie au niveau des hanches et des cuisses.
Après la ménopause, cette répartition devient plus centrale et moins gynoïde, avec davantage de graisse au niveau de l’abdomen.
Toutefois, avoir du ventre ne signifie pas systématiquement avoir un excès important de graisse viscérale.
« Je mange comme avant » : pourquoi mon corps réagit-il différemment ?
C’est probablement l’une des frustrations les plus fréquentes.
La réponse ne tient pas à une seule hormone.
Avec l’âge et la ménopause, plusieurs phénomènes se superposent. Certaines femmes ressentent davantage de fatigue, d’autres diminuent leur niveau d’activité physique. Certaines souffrent également de troubles du sommeil... Conserver une alimentation identique à celle d’avant malgré ces changements peut participer à la prise de poids.
Cela ne signifie pas pour autant que le métabolisme s’effondre à 50 ans. Les données suggèrent que le vieillissement et la diminution de l’activité physique expliquent une grande partie de la baisse de la dépense énergétique.
La ménopause, quant à elle, agit davantage sur la répartition des graisses que sur la prise de poids.
Même prudence avec le fameux « ventre à cortisol » : si le stress et le sommeil comptent, rien ne permet d’attribuer principalement la graisse abdominale de la ménopause à une dérégulation de la sécrétion de cortisol.
Cette prise de ventre est difficile à vivre !
Parce qu’elle ne représente pas seulement quelques centimètres de tour de taille.
Certaines femmes ne reconnaissent plus leur corps et expliquent perdre le contrôle sur quelque chose qu’elles maîtrisaient jusque-là. Ces transformations peuvent aussi affecter l’image corporelle : certaines femmes se sentent moins à l’aise avec leur silhouette, se préoccupent davantage de leur poids ou vivent plus difficilement les signes du vieillissement.
Le message important est donc double : ce changement est réel, mais il n’est ni le signe d’un manque de volonté, ni une fatalité.
Comment limiter la prise de ventre à la ménopause ?
Il n’existe pas de régime spécial « ménopause » ni d’aliment capable de cibler la graisse abdominale. Les stratégies les mieux documentées reposent sur quelques leviers simples :
- Préserver la masse musculaire. C’est là que la musculation devient particulièrement intéressante, car elle permet de maintenir ou de développer le muscle et la force physique.
- Augmenter son niveau d’activité physique. Associer activité cardio et renforcement musculaire est pertinent. Une méta-analyse portant sur 101 essais chez des femmes ménopausées montre que l’exercice permet de réduire la masse grasse, le tour de taille et la graisse viscérale, tout en favorisant le maintien ou l’augmentation de la masse maigre.
- Adapter l’alimentation sans restriction excessive. Il n’est pas nécessaire de supprimer les glucides ou de suivre un « régime hormonal ». L’objectif est d’avoir une alimentation adaptée à ces nouveaux besoins énergétiques. Cette alimentation doit être suffisamment riche en protéines, en calcium et en aliments rassasiants. Il ne faut pas non plus négliger la vitamine D, dont les apports alimentaires sont souvent insuffisants pour couvrir les besoins.
A retenir :
La ménopause peut donc modifier la silhouette, parfois même sans forte variation du poids. Mais cette évolution n’est pas irréversible. Comprendre ce qui change permet surtout d’éviter deux pièges : se culpabiliser ou, à l’inverse, penser qu’il n’y a plus rien à faire.
Article rédigé par Astrid Nonnon
Coach en nutrition chez Aid’EthicA Nutrition
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